Un acupuncteur burkinabè construit un pont entre l'Afrique et la Chine par la médecine traditionnelle chinoise

Publié le: 22-10-2025 Source:  French.xinhuanet.com
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TAIYUAN, 22 octobre (Xinhua) -- Il y a 37 ans, Louis Bazimo a vu des médecins chinois utiliser l'acupuncture pour soulager les douleurs dorsales d'un patient dans un hôpital du Burkina Faso. Très impressionné par les effets magiques de cette méthode de traitement, il a décidé qu'il apprendrait un jour lui-même la médecine traditionnelle chinoise (MTC).

Avec plus de trois décennies d'expérience clinique, M. Bazimo, âgé de 59 ans, est aujourd'hui un acupuncteur renommé au Burkina Faso et l'un des praticiens les plus respectés de la MTC en Afrique.

Né à Abidjan, en Côte d'Ivoire, M. Bazimo est retourné à l'adolescence dans la ville de ses ancêtres, à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Sa première rencontre avec l'acupuncture remonte à 1988, alors qu'il accompagnait son cousin, un footballeur souffrant de douleur au dos, dans un hôpital local. Là, une équipe médicale chinoise soignait des patients.

"J'ai vu comment quelques fines aiguilles pouvaient soulager la douleur, c'était incroyable", se souvient-il. "J'ai posé au médecin de nombreuses questions sur l'acupuncture, et cette conversation m'a profondément inspiré".

Un an plus tard, M. Bazimo a commencé à étudier la biologie à l'université et a décidé de se rendre en Chine pour apprendre l'acupuncture. Après deux ans d'étude de langue chinoise, il a été admis à l'Université de médecine traditionnelle chinoise de Shanghai en 1991 pour se spécialiser en acupuncture.

De retour au Burkina Faso après ses études en Chine, M. Bazimo a rejoint l'hôpital de Bobo-Dioulasso avant d'être nommé, six ans plus tard, chef du service d'acupuncture du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, le plus grand hôpital de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

Faisant partie des rares acupuncteurs du pays, M. Bazimo ne se contente pas de traiter les patients, il promeut également la pratique de l'acupuncture dans toute l'Afrique. Il participe régulièrement à des séminaires médicaux dans son pays et à l'étranger, partageant son expertise avec des médecins d'autres pays africains.

En août de cette année, il est retourné en Chine pour participer à un programme de formation de MTC organisé à Taiyuan, capitale de la province septentrionale du Shanxi, avec des médecins issus de pays africains francophones.

"Nous sommes pour beaucoup issus de différentes disciplines, telles que la physiothérapie, la neurologie et l'orthopédie", indique M. Bazimo. "Nous espérons ramener les techniques chinoises dans nos pays et aider davantage de patients."

L'acupuncture a été introduite en Afrique par le biais de missions médicales chinoises. Depuis que la Chine a envoyé sa première équipe médicale sur le continent africain en 1963, la pratique de l'acupuncture s'est grandement répandue.

Selon la Commission nationale de la santé de Chine, l'acupuncture est reconnue comme acte médical dans 113 pays membres de l'Organisation mondiale de la santé. Le traitement intégré de la médecine traditionnelle chinoise et occidentale est de plus en plus appliqué dans de nombreux pays africains.

"Au Burkina Faso, l'acupuncture devient de plus en plus populaire", note M. Bazimo. "Cependant, les acupuncteurs y sont encore très peu nombreux. C'est pour cette raison que notre pays a envoyé onze médecins de différentes provinces pour étudier en Chine".

Aujourd'hui, trois grands hôpitaux du Burkina Faso ont mis en place des services d'acupuncture, et le nombre de patients souhaitant bénéficier d'un traitement de MTC ne cesse d'augmenter.

Malgré 30 ans d'expérience, M. Bazimo continue d'étudier la MTC. "La médecine traditionnelle chinoise est profonde", explique-t-il. "Il y a encore beaucoup de secrets qui attendent d'être explorés. Un jour, j'espère pouvoir créer un hôpital d'acupuncture destiné à fournir des traitements de MTC aux patients de mon pays." Fin

Rédigé par: Wang Siyang