L'amitié sino-africaine dans un sac de riz (OPINION)

Publié le: 28-05-2026 Source:  French.news.cn
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BEIJING, 27 mai (Xinhua) -- Cinq kilos de riz, ce n'est pas grand-chose. Mais dans l'histoire de la coopération agricole entre la Chine et la Guinée, cette quantité est devenue un symbole modeste mais concret de la manière dont des efforts conjoints concrets améliorent la vie des gens.

Récemment, un sac de riz hybride produit en Guinée, un pays d'Afrique de l'Ouest, a été remis à Deng Ze, l'épouse de Yuan Longping, le défunt "père du riz hybride" chinois.

Le sac en lui-même n'avait rien de particulier : il arborait sur le devant les drapeaux de la Chine et de la Guinée, tandis que le dos portait un message manuscrit du Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah décrivant ce riz comme "un symbole de la coopération entre la Guinée et la Chine".

Léger, ce riz avait traversé les océans. Son importance résidait toutefois ailleurs : dans le simple fait que le riz hybride chinois a déjà pris racine sur le sol africain, qu'il est cultivé par les agriculteurs locaux et qu'il contribue désormais à améliorer les récoltes et les moyens de subsistance.

L'implication de la Chine, notamment en Afrique, se caractérise souvent non seulement par une aide à court terme, mais aussi par le partage d'une expertise en matière de développement, de compétences techniques et de solutions concrètes.

Cela n'est nulle part plus évident que dans la coopération agricole sino-africaine, qui se distingue par son pragmatisme.

La Chine ne se contente pas d'envoyer des céréales; elle collabore avec des partenaires locaux pour mettre en place des systèmes d'irrigation, améliorer les variétés de semences, lutter contre les ravageurs et accroître la capacité de production. Dans le cadre d'initiatives telles que le Forum sur la coopération sino-africaine et l'Initiative la Ceinture et la Route (ICR), l'aide s'est de plus en plus concentrée sur les infrastructures agricoles, les équipements et les chaînes d'approvisionnement.

En Guinée, des experts agricoles chinois ont contribué à la création du plus grand parc de démonstration de riz hybride d'Afrique, où les rendements par saison sont trois fois supérieurs à ceux des variétés locales traditionnelles.

Au Tchad, pays longtemps en proie à des pénuries alimentaires, l'introduction de techniques de culture du riz à haut rendement a suscité des débats sur la possibilité de générer des recettes d'exportation grâce aux céréales.

A Madagascar, le riz figure sur le billet à la plus forte valeur du pays, en hommage au travail accompli par l'équipe de Yuan Longping pour améliorer les rendements et favoriser l'autosuffisance alimentaire.

Aujourd'hui, le riz hybride chinois a été introduit dans plus de vingt pays africains, devenant ainsi un exemple concret de l'implantation et de l'essor de la technologie agricole chinoise en Afrique.

L'histoire de la Chine elle-même permet de comprendre pourquoi ce pragmatisme trouve un écho favorable.

Ce pays a lui-même longtemps été confronté à la pauvreté et à la faim. Cette expérience l'a rendu particulièrement sensible aux problèmes similaires auxquels sont confrontés d'autres pays en développement, renforçant ainsi l'idée que la lutte contre la faim n'est pas un effort ponctuel, mais une entreprise à long terme, systématique et durable.

Cette perspective permet également de mieux comprendre le modèle général de coopération au développement adopté par la Chine. L'idée selon laquelle "il vaut mieux apprendre à pêcher qu'offrir du poisson" est souvent évoquée à propos des projets d'infrastructure menés dans le cadre de l'ICR.

Les chemins de fer, les ports, les routes, les réseaux d'irrigation et les installations énergétiques ne génèrent peut-être pas de bénéfices immédiats, mais ils redéfinissent les conditions de la croissance. A terme, l'amélioration des infrastructures et le renforcement de la connectivité ouvriront des perspectives de développement concrètes.

Une autre caractéristique déterminante de la coopération sino-africaine est le respect.

L'histoire coloniale a laissé de nombreuses économies africaines structurées autour d'exportations limitées, axées sur la demande extérieure. Même après l'indépendance, l'héritage de la dépendance à l'égard d'un seul produit de base a continué de peser sur le développement dans de nombreux pays.

Aujourd'hui, bien que l'ère coloniale soit révolue, la mentalité coloniale n'a pas complètement disparu. Une partie de l'aide occidentale reste assortie de conditions politiques, tandis que certaines formes de coopération servent avant tout les intérêts stratégiques des pays occidentaux.

Dans ce contexte, le véritable respect ne consiste pas à décider à la place des autres, mais à les aider à renforcer leur capacité à décider par eux-mêmes.

La morale internationale ne repose pas sur des slogans retentissants, ni ne découle nécessairement de grands récits. Le plus souvent, elle se concrétise dans une route, un pont, un puits ou une rizière - dans ce travail de fond qui permet aux gens de mener, jour après jour, une vie de plus en plus stable et prospère.

Une vérité simple est que lorsqu'un pays aide d'autres nations à bien se nourrir, à cultiver efficacement leurs denrées alimentaires, à construire des routes et à améliorer leurs conditions de vie, son influence s'en trouve naturellement renforcée. C'est aussi pourquoi un sac de riz en provenance de Guinée constitue le meilleur témoignage des principes de sincérité, de résultats concrets, d'amitié et de bonne foi qui unissent la Chine et l'Afrique. Fin

Rédigé par: Wang Siyang